Athènes n’est pas le champ de bataille quotidien qui me valent les coups de fil d’une Môman affolée (et je la comprends) après le 20h00 parisien. Si on se fie aux images, on peut vite penser que c'est la révolution ! Et, comme elle ne croit pas toujours ce que je lui dit et aussi les médias, elle a sauté dans l’avion pour voir !
Ses copines, appellent et "smessent", « T’es bien arrivée… l’avion a pu attérir ». Je crains qu’elles lui ai collée un casque et un treillis dans ses bagages. Vite, on est monté en bus au centre pour flaner dans l' Athènes que j'aime,...toujours mis à mal, si peu révolté et plutôt résigné.
Il est 15h00, toujours pas d'émeutes en vue et ça sonne faim... Ma mÔman, elle aime les années 60, Irini Papa, le café grec, la musique de Zorba et l'univers de Théo Angelopoulos. Il lui faut de l'authentique et surtout pas du touristique sinon elle plisse le nez d'une telle manière que je sais que c'est pas ça. Alors, nous voilà, chez Anthos, une cantine d’hiver en face du très sympa Bartesera.
Quatre tables occupées par des hommes seuls, le regard vers la fenêtre ou feuilletant un journal. L’accueil est réservé. Pas de grands sourires, mais on vous rapproche rapidement deux tables pour être plus confortable. Trois verres, juste passés sous l’eau, arrivent plein et ruisselants. Sur le comptoir, un grand plat de horta cuites, derrière la vitrine, les grands « tapsi » gardent au chaud, espadon au four, queues de rascasses pour un kakavia, bœuf kokinisto, keftedakia à la sauce tomate, poulet rôtis et pomme de terre au four. Le cuisinier et propriétaire soulève les couvercles des grandes casseroles où mijotent des pois chiches et des lentilles. Le temps de passer la commande, les mangeurs-solitaires sont déjà repartis vaquer à leurs occupations. Dans ce lieu, tout est sobre à l'image des carafes d’eau servies ou de la carte dorée "Interdiction de fumer" glissée sur les tables. Ici, on applique la loi, un miracle. Les portions sont copieuses. L’assiette de citron pour assaisonner poisson et xorta déborde. Le couple continue de s’affairer sans un mot. Le silence qui règne dans la salle, est presque monacale.
L’entrée d’un habitué laisse s’infiltrer un peu du brouhaha de la rue, le temps de passer à la caisse tenue par Madame et récupérer son déjeuner-paketo à emporter. Dans cette cantine, entre Syntagma et le vieux parlement, on se restaure d'une cuisine simple, du jour et bon marché. Un peu comme si on passait déjeuner chez un vieil oncle, un peu bourru, qui garde au chaud des plats maison bien d’ici. Mais pour combien de temps encore ?
Quant à ma Môman, elle est rentrée saine et sauve de son expéditon. Elle a rassuré ses copines qui gossipent et se demandent, encore, si vraiment elle était à Athènes !
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Το Άνθος (la fleur): 10, Kolokotroni street à Athènes (Plan). Ouvert les jours de semaine à partir de midi. Fermé le soir et les weekends.
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